Parents et élèves subissent les contrecoups de la pénurie de carburant

Publié le 2019-09-10 | Le Nouvelliste

La pénurie d’essence persiste pour cette deuxième journée de la réouverture des classes. Une situation, si elle continue, risque de peser lourd économiquement pour les nombreux parents déjà aux abois avec les charges que nécessite la reprise de l’activité scolaire. Entre des frais d’écolage qui ont augmenté de façon vertigineuse pour l’année 2019 et les prix des produits de consommation qui ont explosé en raison du taux d’inflation à deux chiffres que connait tantôt le pays, les parents devront également compter avec la rareté de carburant. En d’autres termes, ils devront disposer de plus d’argent pour l’acquisition de ce produit transversal, et de plus de temps pour les embouteillages qu’engendre cette rareté. Des revendeurs vont jusqu’à demander mille gourdes pour un gallon de carburant au marché noir. En principe, les prix varient 179 gourdes pour le diesel et 224 gourdes pour   la gazoline.

Des parents interrogés n’ont pas caché leur colère face à cette situation qui perdure depuis environ deux semaines. « C’est inadmissible que l’Etat permette qu’une rentrée des classes se fasse dans cette situation », ont-ils lâché. Les 258 mille barils de carburants, arrivés la semaine dernière sur le marché n’auront pas su calmer la panique de ces parents, d’autant que les responsables avaient pris le soin de préciser que cette quantité ne serait valable que pour deux semaines.

Pour les nombreux parents qui sont obligés de prendre un abonnement malgré qu’ils disposent d’un véhicule, à cause des bouchons habituels, cette situation est intenable. Ils sont pénalisés doublement par cette pénurie. D’une part ils doivent subir la hausse des prix de ce service et d’autre part assurer eux même le transport de leurs gamins quand le service n’est pas disponible. A souligner aussi, explique un parent « le fait pour nous de réveiller les enfants encore plus tôt afin d’échapper aux embouteillages ». Le manque de sommeil peut, à la longue, avoir de grandes conséquences pour le développement psycho- physique de nos enfants, plaide-t-il.

  Il n’y a pas que les détenteurs de véhicules qui sont affectés par cette crise. Les nombreux parents qui empruntent le transport en commun pour leurs enfants et pour eux même le sont aussi. Pour échapper aux bouchons et arriver à destination, ils sont obligés de recourir aux taxis moto qui leur demande le prix fort, alors qu’ils peinent déjà à trouver le montant minima pour assurer le trajet quotidien.

À côté des difficultés économiques auxquels ils doivent faire face avec un taux d’inflation de l’ordre de 19.1% et une dépréciation de la gourde avec 94 gourdes pour un dollar, les parents se retrouvent totalement aux abois avec les nombreuses dépenses qu’engendre la scolarisation d’un enfant. Dans un pays où le secteur éducatif est à 80% privé, les frais que doivent générer la prise en charge de l’éducation de cet enfant est très élevé. Il est très difficile pour un parent de réduire les dépenses vue les multiples contraintes auxquelles ils doivent faire face. « L’éducation demande qu’on ait du temps et pour payer cette éducation il faut de l’argent »,ont indiqué  les parents avouant qu’ils ne pourront pas supporter cette rareté de carburant.

Des embouteillages monstres ont effectivement marqué le 2e jour de la rentrée de l’année académique 2019-2020.Sur les différentes artères de la zone métropolitaine : Pétion-Ville, Bourdon, Canapé Vert, Delmas, les Ave John Brown et Lamartiniere, la circulation était impraticable. Des chauffeurs de véhicule ont affirmé avoir passé plus de 4 heures de temps dans la file d’attente avant d’arriver à s’approvisionner difficilement En cause, l’affluence dans les différentes stations de pompes à essence. A l’inverse de la veille où ces dernières avaient gardé leurs chaines. La circulation quoique plus libre en début de matinée, mais on sentait la panique.  Les embouteillages, ont finalement repris en fin de journée pour continuer jusqu’à ce mardi et avec la galère pour de nombreux citoyens.

La rareté du carburant est d’autant plus problématique que si les stations de pompes à essence en distribuent ce sont des bouchons assurés, comme c’est le cas de ce mardi. Dans le cas contraire, certes les rues sont fluides, mais les gens se trouvent plus stressés et par anticipation certains n’hésitent pas à s’approvisionner au noir, au plus fort, avec tous les risques que cela peut engendrer.

Pour certains membres de la population interrogés, tout laisse supposer qu’on s’achemine vers une hausse du prix du carburant. « C’est une tactique de l’État pour augmenter les prix de l’essence », ont déclaré certains chefs de famille convaincus qu’il y a n’y aucune crise, que cette situation est voulue. Ces dernières semaines, ce débat n’arrête pas d’alimenter les conversations. Les économistes sont divisés là-dessus. Certains sont pour le maintien de la subvention du carburant par l’État tandis que de nombreux sont pour elimination  vue que le gouvernement n’a plus les reins de supporter de pareils coûts et que la subvention n’arrive pas vraiment aux vrais destinataires .   

 Pour l’année académique 2018-2019, rappelons-le, de nombreuses écoles ont dû fermer beaucoup plus tôt leurs portes, en raison des troubles politiques, pour le grand malheur des élèves qui n’ont pas pu boucler leurs programmes.

Martine Isaac
Auteur
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